L’origine du mot
Le mot clayetteuse vient de clayette :
- une clayette est une petite tablette ou un support ajouré,
- dans le textile, c’était un cadre sur lequel on disposait les fils de soie pour les sécher, les trier ou les préparer.
👉 la clayetteuse = celle qui travaille avec des clayettes
Le suffixe -euse indique un métier féminin, très courant pour les professions ouvrières de l’époque (fileuse, ourdisseuse, bobineuse…).
La place sociale de la clayetteuse
🔹 C’était un métier féminin et peu reconnu
- Exercé presque exclusivement par des femmes,
- Considéré comme un travail subalterne, malgré la grande précision que demandais ce travail,
- Peu visible par rapport aux métiers plus « nobles » du textile (tisseur, chef d’atelier).
🔹 Les conditions de travail des ces femmes
- leurs journées étaient souvent très longues (10 à 14 heures),
- le travail était répétitif, très fatigant pour les yeux et les mains,
- elles touchaient des salaires bas, mais souvent indispensables au revenu familial.
🔹 Qui sont-elles?
- Beaucoup de jeunes filles, souvent adolescentes,
- Certaines travaillaient à domicile, d’autres en manufacture,
- Elles n’ont que peu de possibilités d’ascension sociale.
🧵 La journée concrète d’une clayetteuse
La clayetteuse travaille avant le tissage. Sans elle, pas de fil prêt.
- Elle réceptionne la soie
La soie arrive en écheveaux ou juste après le dévidage du cocon. - Elle la dispose sur des clayettes
Elle étend et dispose les fils sur des clayettes en bois :- pour sécher,
- pour éviter les nœuds,
- pour trier par qualité (épaisseur, régularité, couleur).
- et surtout elle doit surveiller constamment ses fils
- La soie casse facilement,
- Le moindre défaut peut ruiner tout un lot,
- Elle doit repérer à l’œil nu les irrégularités.
👉 C’était surtout un travail pénible, debout ou penché, avec les mêmes gestes répétés des milliers de fois par jour.


